AUGMENTATION DES SALAIRES POUR LES PROFESSEURS

28/04/2023

Un flou depuis plusieurs jours. Le président de la République a annoncé, jeudi 20 avril dans l'Hérault, une augmentation, depuis la rentrée de septembre, de la rémunération des enseignants. La deuxième personne bénéficiera d'une "augmentation inconditionnelle" de la rémunération de 100 à 230 euros nets mensuels, "à tout niveau de carrière". L'augmentation des revenus peut atteindre "jusqu'à 500 euros par mois" pour les bénévoles qui acceptent de nouvelles tâches, du remplacement à court terme à la participation à un programme "faire ses devoirs".

Le ministre de l'Éducation nationale, Pap Ndiaye, a salué vendredi 21 avril sur Twitter la "révision des salaires pour tous". De son côté, la Première ministre Elisabeth Borne a évoqué mercredi, lors de sa présentation de la feuille de route "100 jours", la "hausse historique des salaires" des enseignants. Mais de quelle compensation parle-t-on ? Salaire de base ou bonus ? Derrière cette différence apparemment minime se cachent des conséquences bien réelles pour les enseignants. S'ils sont satisfaits de l'augmentation annoncée par l'administration, les syndicats d'enseignants expriment tout de même leur déception à plusieurs niveaux. Ces hausses n'ont pas compensé la perte de pouvoir d'achat liée au gel prolongé de l'indice des fonctionnaires. Et la promesse d'Emmanuel Macron d'augmenter de 10 % les salaires de tous les enseignants n'a pas été tenue. De plus, le "traité" fourni à l'enseignant facilite certaines de ces mises à niveau vers des quêtes supplémentaires dont beaucoup ne veulent pas.

Pas de salaire de base, mais prime et indemnité

Un autre point "fait réagir", assure Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat de lycéens. Le responsable syndical a souligné : "Ce sont des mesures de compensation sous forme de primes" plutôt qu'une augmentation du salaire de base.

Concrètement, les annonces d'Emmanuel Macron matérialiseront le doublement de deux primes : la bourse d'encadrement et d'accompagnement des étudiants (Isae) du premier niveau et la bourse d'encadrement et d'orientation des étudiants (Isoe) du second niveau. Ajoutez à cela une prime attractive de revalorisation pour les 15 premières années de votre carrière.

Les fonctions supplémentaires d'enseignant, sur la base du volontariat, ouvrent droit à 1 250 euros supplémentaires au total par an pour chaque mission. Là encore, cette rémunération sera versée sous forme d'actions Isae ou Isoe, a précisé le ministère de l'Education. Évidemment, l'augmentation promise par le gouvernement est liée aux indemnités ou primes et non au salaire de base des enseignants (qui équivaut au salaire de base dans le secteur privé).

Conséquences sur le pouvoir d'achat et la retraite

Cependant, cette distinction a "deux défauts majeurs", selon Stéphane Crochet, secrétaire général de la SE-Unsa. Contrairement à l'indice des traitements, les primes et indemnités ne sont pas incluses dans l'indice par points des fonctionnaires. "Lorsque celle-ci est revalorisée pour tenir compte de l'inflation [comme en juillet 2022], le montant des primes et indemnités n'est pas affecté", note un responsable syndical. "Sans toucher au point d'indice, (…) une stagnation face à l'inflation dans les années à venir est toujours possible."

De plus, seuls les salaires indexés des six derniers mois sont retenus pour le calcul du montant de la pension de base des enseignants, a ajouté Stéphane Crochet. Cependant, les primes et indemnités ouvrent, dans une certaine mesure, des droits au titre de la retraite complémentaire des fonctionnaires, le Complément de Retraite des Fonctionnaires Publics (RAFP). Mais le taux de cotisation pour cette forme de rémunération était « très faible », rappelle Sophie Vénétitay : jusqu'à 5 % pour ces primes, contre plus de 11 % pour les salaires indexés. Les droits ouverts sont donc également fragilisés. "Quelqu'un qui prend aujourd'hui sa retraite touche au maximum cent euros par mois" en rapport avec les primes et indemnités perçues tout au long de sa carrière, observait en septembre 2021, dans Libération, Benoît Teste, secrétaire général de la FSU.

Créer les conditions d'évolution de carrière

Une seule mesure annoncée par Emmanuel Macron pourrait améliorer les retraites des enseignants : des passages facilités en "classe cheval" et "classe spéciale", deux classes acquises respectivement entre 20 et 25 ans de carrière et une rémunération plus élevée (jusqu'à 3.232 et 3.497 nets mensuels). euros pour les salaires indexés, à partir de septembre 2022). Le taux de promotion hors classe "sera majoré de 5 points pour l'ensemble du personnel enseignant", a promis le ministère. Alors que le passage au palier spécial impliquerait "3 000 promotions supplémentaires" par an. Sophie Vénétitay, qui attend cette annonce, note : "L'enjeu est d'élargir [ces catégories] pour y avoir un grand nombre de professeurs, et ces catégories constituent de véritables opportunités de carrière."

© L'avis sur la vie 
Tous droits réservés 2022
Optimisé par Webnode Cookies
Créez votre site web gratuitement ! Ce site internet a été réalisé avec Webnode. Créez le votre gratuitement aujourd'hui ! Commencer